Date de publication :  11 avril 2023.

Aujourd'hui nous sommes le : 19/05/24.   

Les éclisses

Au début une éclisse se présente sous forme d'une planche fine qu'il faut raboter à 1 mm environ et couper à la bonne largeur.

En fait de rabot, après avoir essayé, j'ai bien la confirmation de ce que j'ai pu lire lu ici ou là, l'érable ondé est impossible à raboter proprement sinon au rabot à dents. Comme mon fournisseur m'a livré des planches proches de l'épaisseur cible (1,5 mm) je peux me passer du rabot et  je commence par les poncer à la ponceuse excentrique pour les finir au ratissoir (à droite sur la photo).

Ensuite il faut passer au cintrage. C'est la première opération délicate. Les luthiers utilisent normalement un fer à cintrer. Il s'agissait autrefois d'une barre d'acier chauffée à la braise et aujourd'hui d'un outil plus moderne: un tube vertical ovoïde chauffé à une température régulée par une résistance électrique. C'est un outil très spécifique donc cher et beaucoup de luthiers amateurs ou professionnels ont développé des solutions maison pour résoudre le problème. J'ai moi même fabriqué un fer (cf. outils) qui donne d'assez bons résultats pour les grands rayons de courbure.

La lecture d'un document trouvé un un site Américain (http://www.scavm.com/awfribs.htm) m'a donné envie d'essayer d'autres méthodes basées sur l'utilisation... d'un fer à repasser! Le principe est le même que celui du fer à cintrer. Il s'agit de chauffer l'éclisse préalablement humidifiée et, tout en la chauffant de la déformer pour qu'elle prenne la forme voulue. La différence c'est qu'au lieu d'amener l'éclisse au contact du fer à cintrer on amène le fer à repasser au contact de l'éclisse. L'éclisse est progressivement déformée contre une forme identique à ce que l'on veut obtenir.

Il faut donc réaliser la forme. Ma première réalisation est un modèle en bois (photo de gauche) suivant l'inspiration du document en référence. L'inconvénient est que la forme en bois est elle même assez longue à réaliser. C'est pour celà que je suis passé à quelque chose de plus simple(photo de droite). Il s'agit d'un feuillard métallique facile à déformer à la main pour obtenir la forme voulue et, néanmoins assez rigide pour supporter l'opération de cintrage d'éclisse sans se déformer (Le feuillard est un feuillard de fixation d'antenne que l'on peut trouver facilement et à bon marché chez son brico...bidule favori.

Il suffit de "repasser" doucement l'éclisse humide (il faut revaporiser de l'eau de temps en temps) avec le fer à repasser règlé à fond. Dès que l'éclisse épouse le feuillard on dispose les serre joints et on attend que cela refroidisse et laisse une courbure permanente.

Il faut remarquer sur l'image précédente le gant de soudeur très utile pour la main qui ne tient pas le fer à repasser! On peut aussi voir la contre forme que j'ai disposée entre le gros serre-joint et l'éclisse pour l'extrémité où la courbure de l'éclisse s'inverse.

En résumé le cintrage se fait aussi assez bien avec cette méthode qui évite l'achat d'un fer à cintrer (on trouve des fers à repasser à moins de 20 € si l'on ne veut pas détourner le fer du ménage de son usage normal).

Il reste qu'il y a quand même un point délicat, c'est le petit rayon de courbure des C (c'est le petit nom des éclisses du milieu). Il est tentant d'amincir l'éclisse à cet endroit pour faciliter le cintrage mais il ne faut pas non plus aller trop loin... J'ai cassé plusieurs ébauches avant de parvenir à un résultat satisfaisant. Un document sur les méthodes de GuarnériusThe Mould and the Rib Structure que l'on trouve sur cette page http://www.roger-hargrave.de/Seiten/english/Bibliothek/Bibliothek.htm) fait état d'une épaisseur de 0,3 mm à cet endroit sur le violon "the soil"! Je comprends maintenant pourquoi, et c'est aussi assez rassurant de voir que nos illustres prédécesseurs ont rencontré les mêmes difficultés que nous. 

Une fois les éclisses cintrées, il faut les coller sur les tasseaux et les coins, et éviter soigneusement de les coller sur le moule!  Pour que cela n'arrive pas, je passe du savon sur le moule avant d' étendre la colle sur les tasseaux et les coins et de mettre en place les éclisses. Pour le maintien en place et le serrage la documentation disponible montre l'usage de toutes sortes de serre-joints plus ou moins originaux et l'usage de contre-formes est préconisé. Un serrage efficace peut cependant être mis en place à l'aide de serres-joints ordinaires disposés de manière appropriée et sans contre-formes longues ou compliquées à réaliser.

Le joint du coté du bouton de l'attache du cordier doit être soigné pour rester discret. ​

Après les éclisses viennent les contre-éclisses. Il s'agit de baguettes plus épaisses (2mm) qui se collent en bordure des éclisses et qui viennent rigidifier celles-ci.

Elles se cintrent au fer à cintrer sans, heureusement, la difficulté du petit rayon de courbure car leur épaisseur les rend quand même plus difficiles à cintrer , Une petite mortaise est faite pour joindre les contre éclisses des C à leurs coins.

A cette étape de la construction, on ne peut mettre les contre- éclisses que d'un coté car de l'autre coté les éclisses affleurent le moule.

Le collage est maintenu en place par des serre-joints ici aussi très spécifiques mais pourtant assez bon marché !

Et voila. La couronne d' éclisses est presque terminée. Il est temps de commencer les plaques.

Publication initiale : 5 juillet 2017

Retour à   Mon premier violon

  ⌂ Accueil     ⇧ Haut de page  

Nombre de visites :   918    

Le contenu de ce site est libre et mis à disposition selon les termes de la Licence Art Libre
et selon ses termes de confidentialité

Le site est construit par Jakez avec Wagtail et hébergé par o2switch